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Une assistance qui se prête admirablement à l'architecture navale
comme l'explique Jean Marie FINOT
(26)
. "Depuis vingt ans les
bateaux sont devenus assez larges et cependant assez facilement
manoeuvrables. En somme la toile grandit plus vite que la trainée, et
cela grâce à l'ordinateur qui permet de vérifier les carênes, c'est à dire
les formes des coques [...] Il y a quinze ans, on dessinait cette carène,
maintenant l'ordinateur la produit. L'intérêt est de pouvoir associer
beaucoup de calculs à la forme définie sur l'écran. Auparavant dessiner
à la main et vérifier tous les calculs à la calculatrice électronique nous
prenait une semaine. Maintenant une modification sur la forme et les
calculs correspondants nous prend entre dix minutes et une heure."
Economies encore pour l'Airbus européen qui bénéficiait de plusieurs
millions d'heures de vol simulées dans les ordinateurs de
l'Aérospatiale avant d'avoir décollé une seule fois de Toulouse -Bla-
gnac, en France. Les systèmes informatiques ont ainsi permis d'opti-
miser la conception de l'architecture de l'avion en fonction de ses diffé-
rentes phases de vol simulées. La puissance de l'assistance informati-
que est telle qu'on obtient une polyvalence des avions grâce à des logi-
ciels qui programment les comportements de l'avion en fonction des
missions à effectuer dans différents domaines de vol. Ce sont d'ailleurs
en partie ces innovations qui font de l'avion français Rafale un des
appareils les plus polyvalents au monde.
Aspect nouveau, très particulier, de l'impact des NTIC sur notre rela-
tion au monde matériel qui nous entoure, la puissance croissante du
"software" va nous permettre d'accéder à un monde désormais artifi-
ciel : l'homme ne se contente plus d'agir sur la matière, il agit sur des re-
présentations du réel grâce à l'électronique, il créé un monde de "pseu-
dos".
Il s'agit d'obtenir de l'électronique avancée, associée aux ordina-
teurs, une interprétation, une assistance à la compréhension de la réali-
té qui échappe aux sens habituels de l'homme. Ou qui serait hors d'at-
teinte économiquement, dans le cadre des formes traditionnelles de re-
cherche, de fabrication de prototype ou de commercialisation.
La prospection pétrolière en est un premier exemple. La recherche est
un processus coûteux car elle oblige à creuser des puits. Les géologues
utilisent maintenant l'informatique pour les assister dans cette
recherche sans avoir à forer. Pour cela les prospecteurs "scanérisent"
en trois dimensions le sous-sol au cours de tests de sismologie. Un sys-
tème informatique appelé "Prospecteur" stocke les caractéristiques
des terrains. Un système expert réduit la part de conjectures établies
pour savoir ce qui se trouve en profondeur. Bientôt des images satel-
lites affineront ce type de recherche grâce à la connaissance des
champs gravitationnels
(27)
. Cette prospection à distance avec un tré-
pan virtuel n'élimine pas la nécessité de vérifier si le pétrole est bien là,
L'EMPRISE DU SIGNE SUR LA MATIERE