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LE BIG BANG DES NTIC
avec les clients "de rendre ainsi la tâche plus difficile aux petits concur-
rents auxquels IBM faisait jusque là la part trop belle en les laissant oc-
cuper des "niches", en quelque sorte des "interstices" mais qui, addi-
tionnés, représentent 70 % du marché !"
(17)
. Cette fragmentation du
marché dont parlent les spécialistes du marketing, et ceux d'IBM, en
matière de NTIC aura été rendue possible grâce à l'avènement de la mi-
cro informatique.
Un peu moins de dix ans auparavant, le 16 avril 1977, au Brooks Civil
Auditorium de San Francisco, un stand très coloré, sous le logo d'une
pomme dont un gourmand aurait avalé une bouchée, présentait une
batterie d'ordinateurs de la taille d'une machine à écrire : l'Apple II ou-
vrait la saga de Steve Jobs dans l'histoire de l'informatique, qui a fait
d'Apple, en quelques années, un des acteurs les plus innovants d'une
industrie très dynamique. Car la micro-informatique a donné lieu à une
frénésie de projets. Plus de 200 fabricants entreprenants se sont lancé
sur ce marché. Début des années 1980 aucune société ne dominait ce
secteur
(18)
. Tandy à l'époque fournissait plus de micros qu'Apple et
Commodore réunis. Les ventes stagnaient. Trois événements vont
permettre la mise en "masse critique" d'une sorte de "Big Bang" des
NTIC.
Le premier d'entre eux fut l'avancée technique de sociétés américaines
comme Motorola et Intel. Elles conçurent des micro-processeurs
rapides et puissants pour l'époque le 68 000 pour Motorola et les 8086
et 8088 pour Intel. Ce dernier devait être choisi par IBM pour le lance-
ment du premier IBM PC en 1981. C'est le lancement de ce PC
(Personnal Computer) sous l'impulsion du directeur du laboratoire
d'IBM en Floride, William Lowe, qui sera le second de ces événe-
ments.
Une équipe d'IBM animée par P. Donald Estridge concevra le nouvel
ordinateur personnel de la firme. La conception et la distribution de cet
ordinateur personnel avaient tout pour heurter les pratiques d'IBM. On
en mit même dans les magasins de détail ! Il eut un succès considérable
: entre 1981 et 1983 les ventes de PC passèrent de moins de
20 000 machines à plus de 500 000 par an. Et IBM prit la tête du
secteur avec 26 % du marché. La presse constatait : "IBM appose un
sceau d'approbation sur le micro-ordinateur, ce qui signifie que c'est
un produit durable." Mais IBM, qui produisait plus de 50 000 PC par
mois, n'était pas dans une culture de production et de distribution de
masse : la firme ne pouvait répondre à la demande. En conséquence, de
nombreux fabricants profitèrent de l'ouverture en proposant leurs
équipements, dont certains deviendront des "imitations" du PC d'IBM.
Ces imitations compatibles sur le plan logiciel permettront le troi-