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Les facteurs favorisant le travail à distance
Les NTIC peuvent être considérées comme un des instruments favori-
sant la création et le fonctionnement des entreprises. Mais contraire-
ment à bon nombre d'hypothèses ou d'affirmations, le télétravail - à lui
seul - n'est pas un générateur d'emplois susceptible de réduire des
disparités économiques régionales. Il n'est qu'une des conséquences
de l'utilisation astucieuse des NTIC par une entreprise soumise au
respect d'une économie de marché : astucieuse parce qu'elle explore
une organisation du travail autre que traditionnelle compte tenu d'un
environnement devenu international.
Débarrassé a priori des réflexes anciens, le télétravail, c'est-à-dire le
travail via les télécommunications, se découvre alors des fondements
techniques et économiques nouveaux. Arguments techniques et
économiques qui seront autant de facteurs favorisant le travail à
distance dans le cadre d'une distribution différente de ce travail.
Les analyses sont concordantes qui démontrent les effets pervers des
coûts salariaux et des charges croissantes dans un secteur "tertiaire"
dont la faible productivité ne compense pas toujours les dépenses
d'investissements. Jean Voge
(1)
, après avoir constaté une décéléra-
tion brutale de la productivité en 1973, relève que cette tendance tient à
la disparité de l'évolution des productivités respectives des cols bleus
et des cols blancs. La première a été multipliée par sept depuis 1900, la
seconde est restée stagnante malgré les milliards investis dans les
NTIC. Les cols blancs absorbent la productivité des cols bleus dans les
coûts supplémentaires de l'information dans les biens et services. Et ils
sont de plus en plus nombreux ! Michel Albert constate ainsi dans son
livre le Pari Français que dans une usine japonaise sur 600 personnes,
18 seulement travaillent dans les ateliers, les 582 autres étant des tra-
vailleurs "tertiaires".
La trahison des clercs
Les experts de l'OCDE observent un "fléchissement relatif du taux de
croissance des professions de l'information". Par contre ils ne man-
quent pas de noter que ce sont les consultants, spécialistes, directeurs
et cadres administratifs supérieurs qualifiés qui progressent le plus.
Ces derniers représentent 44% de cette progression, les personnels ad-
ministratifs et assimilés 56%. On imagine l'impact d'un tel phénomène
sur la croissance de la masse salariale dans le "tertiel", sur les frais
logistiques qu'il engendre : frais annexes qui incluent les charges
mobilières et immobilières (les bureaux), l'énergie informatique et
autres frais variables. Ces frais fixes importants expliquent en partie ce