Sommaire - Informations sur le télétravail - Réseau de télétravailleurs




- 38 -
Un autre des obstacles mis fréquemment en évidence est d'ordre tech-
nologique. Le poste de travail du début des années 1980 est bien
différent de celui d'aujourd'hui. Numéris était encore dans les cartons
et les icônes et symboles en cours de conception dans les laboratoires
de Palo Alto. L'ergonomie était rudimentaire, les liaisons coûteuses.
Les tubes à rayons cathodiques faisaient l'objet d'études concluant à un
danger... potentiel, pour les utilisateurs
(44)
. C'est l'époque où, après
avoir un instant cru à un avenir radieux, le marché de la micro domesti-
que a été multiplié par 3 en 1983 et les applications professionnelles
par 2. Les petits micros domestiques tentent de revenir dans les entre-
prises. IBM abandonne sa gamme domestique, Sinclair, son entreprise
et Amstrad tente en 1986 avec quelques succès la carte du marché pro-
fessionnel imité, en cela par Atari qui s'intéresse au "pico portable"
(micro de poche).
Le front du refus s'organise... En 1980, le ministère du Pétrole en
Grande Bretagne est obligé d'abandonner un projet de modernisation
sous la pression syndicale. Les fonctionnaires exigent des compensa-
tions financières pour utiliser les terminaux
( 4 5 )
. Résistances
courantes et attitudes que l'on retrouve en France. En mars 1987,
s'intéressant à ce sujet, Force Ouvrière Hebdo donne les résultats par-
tiels d'une enquête auprès de ses lecteurs et de ceux de la revue
Préventique . Cinq mille ont répondu. Bien que dépourvues de toute
valeur statistique, les réponses n'en sont pas moins intéressantes. Elles
nous éclairent sur les attitudes des personnels et des cadres vis-à-vis
des technologies.
Le progrès technique est-il au service de l'homme ? Non pour 15 % des
réponses (38,9 % pour le seul secteur du BTP). L'homme doit-il
s'adapter à la technique ? 22,8% de non (32 % dans les services
publics). Et près de 60% des personnes interrogées répondent par la
négative à la question "les nouvelles technologies améliorent-elles les
conditions du travail pour tous ?" ; seuls 20 % répondront oui ! Pour
49,2 % des salariés, rapporte encore cette enquête intitulée "L'avenir
social face aux nouvelles technologies", le progrès se mesure d'abord
en terme de niveau de vie. Ils sont enfin 61% à classer en dernier "le
rendement et la productivité" comme élément de mesure du progrès.
C'est dire l'impact négatif qu'a le discours - généralement réducteur -
de la productivité du télétravail.
Une allusion aux cadres dans ce document révèle un sentiment selon
lequel ces derniers vivraient plus facilement la diffusion des NTIC.
Impression trompeuse, sur le terrain, nous avons pu l'observer
fréquemment. A contrario, bon nombre d'agents - notamment dans
l'administration - vont utiliser le levier des NTIC pour susciter une
LE TELETRAVAIL A L'HEURE DU CHOC DU FUTUR