Sommaire - Informations sur le télétravail - Réseau de télétravailleurs




- 30 -
L'ABSENCE D'INDICATEURS ET DE MESURES
Malheureusement dans ces expériences, les lois du marché ne sont pas
en mesure de jouer et l'obligation de réussir, notamment pour France
Télécom qui était moteur de l'idée, ne va pas sans poser quelques pro-
blèmes. "Faire vivre cette opération (celle de Cetely) nous coûte plus
cher que ce que nous coûtait ce service auparavant" remarque
Alain Bregent de la Direction du Personnel à Lyon, dans un numéro du
21 juin 1989 des Echos sous le titre "France Télécom juge et partie".
Ce dernier confirme aussi indirectement un virage de la politique de
France Télécom dans "Fréquences Télécoms 89" : "l'expérience nous
a paru intéressante venant d'un établissement opérationnel... Si le
télétravail n'entre pas dans une stratégie globale de France Télécom,
nous somme prêts à aider ceux qui veulent tenter une telle expérience."
Quelles que soient les appréciations respectives de chacun quant aux
impacts des NTIC sur la délocalisation du travail, collective ou indivi-
duelle, un ensemble de critères simples d'analyse doit être stabilisé et
suivi, non pas par France Télécom dont ce n'est pas le rôle, mais par le
Ministère du Travail singulièrement absent du débat sur ces thèmes,
contrairement à ses homologues en Europe.
Un appareil statistique inadapté à un nouvel ordre économique
La France, comme toutes les nations industriellement avancées, a
constaté depuis le début du siècle la décrue de sa population agricole ;
de 42 % en 1901 et encore 24, 6 % en 1957, elle tombe à 7,3% en 1986 ;
pour successivement 9,3% et 3,1% aux Etats-Unis.
En France toujours, entre 1962 et 1982 les actifs du secteur tertiaire
sont passés de 7,2 à 12,5 millions. Entre temps, le Japon voit son ter-
tiaire passer de 45,3% à 57% de la population active, contre 43,8% à
61,3% en France, et 61,2% à 69,3% aux Etats-Unis. Des variables qui
doivent être interprétées avec prudence compte tenu des disparités des
organisations sociales et professionnelles de ces pays. Les experts
s'accordent néanmoins sur une tendance lourde qui portera à 70% les
populations actives des pays avancés en passe d'être répertoriées dans
le "tertiaire". Un tertiaire dont il faut retenir - comme le rappelle
Jean Fourastié (34)- le caractère grossier de sa typologie. Celle-ci
regroupe en effet un catalogue à la Prévert de professions hétéroclites
qui va du coiffeur aux militaires, en passant accessoirement par les
concierges, employés de ménage et de bureaux, chercheurs et forma-
teurs etc... bref tous ceux qu'on ne peut pas "caser" ailleurs.
Que sait-on du tertiaire ? C'est un travail de "main-d'oeuvre"! Une
étude sur les activités de l'information entre 1960 et 1978 conduite par
l'OCDE conclut en 1981 : les trois-quarts de la croissance totale des
emplois dans le domaine des services est imputable au secteur infor-
mationnel. C'est ainsi qu'entre 1962 et 1982, les effectifs de la banque
et des assurances sont passés en France de 254 000 à 578 000. La cause
en est imputable à une faible productivité du secteur et à la part plus im-