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"On attribue à l'être humain des caractères qui lui sont propres,
que ne possèdent pas les autres êtres vivants ni les machines,
notamment la faculté particulièrement développée de construire
des images abstraites du monde réel qui l'entoure et d'organiser
son action par le jeu de ces images".
L. Couffignal
AVANT PROPOS
"Tous les êtres vivants y compris l'homme sont soumis à la relation
symbiotique". Il y a quelques années, une telle affirmation aurait
soulevé une tempête de protestations. Aujourd'hui elle ne choque plus.
On admet en effet que bactéries mis a part, tous les organismes, absolu-
ment tous, sont le résultat de l'association de plusieurs organismes in-
dividuels, qui se sont rencontrés dans le lointain passé, se sont unis par
intérêt mutuel, ont mis leurs gènes en commun et ont donné lieu à des
organismes complexes de plus en plus performants"
(1)
. La symbiose
est ainsi promue au rang de moteur de l'évolution, au même titre que les
mutations génétiques.
Ce type de relation mutualiste unissent l'homme et l'ordinateur.
L'homme s'est d'abord avisé de transformer la matière à grand renfort
de dépenses d'énergie. Energie de la houille noire, puis de la houille
blanche, qui grâce à l'astuce des hommes, opéreront en milieu indus-
triel pour obtenir des machines des puissances de travail supplémen-
taires. Dorénavant avec l'ordinateur - outil devenu universel - du bout
des doigts les hommes agissent pour lancer une simulation, pour
étudier des molécules sans faire appel à un laboratoire. Autrefois,
seules des méthodes empiriques permettaient de découvrir des allia-
ges nouveaux. Des milliards d'essais auraient été nécessaires à la
découverte des alliages spéciaux utilisés aujourd'hui dans l'industrie.
Désormais, le microscope à effet tunnel associé à un ordinateur permet
d'assembler, pratiquement à vue, les atomes d'un matériau nécessaire à
une application industrielle donnée.
Grâce à sa symbiose nouvelle avec l'ordinateur et les réseaux de télé-
communications, l'homme voit ses capacités d'actions amplifiées par
l'accès à l'intangible. Il dispose désormais d'une puissance "virtuelle"
incomparable avec celle de l'ère industrielle. Une puissance qui s'ana-
lyse en gain de temps et d'argent pour le gestionnaire, lorsque, par
exemple, il est possible de simuler les processus d'usinage des moteurs
Snecma - General Electric installés sur les Airbus. Ou lorsqu'il est
possible pour certains chercheurs de reculer à l'infini nos seuils de
perception et de compréhension : il aurait fallu des millions de vies
pour identifier et étudier les 3,5 millions de codes génétiques de l'hom-
me. Les Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communi-
cation tendent à annuler le temps et l'espace encore, lorsque associées
à l'astronome, elles permettent de remonter à la genèse du cosmos. Au-
tant de nouveaux horizons ouverts à l'aventure humaine. Contribuant à
l'évolution de l'espèce humaine, les NTIC multiplient ses sens et ses
capacités d'agir à distance. Téléprésent au bureau, dans l'espace ou