Sommaire - Informations sur le télétravail - Réseau de télétravailleurs




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L'ABSENCE D'INDICATEURS ET DE MESURES
Pour conclure ce grinçant exercice, "The futurist" en 1989
(31)
cite le
Link Téléwork Group qui recense, en 1987, dans la population des em-
ployés américains : 15,8 millions de télétravailleurs, dont 3,4 millions
à temps complet. Alors que selon Monica Kelly, présidente de Electro-
nic Services Unlimited Inc, le télétravail concerne en réalité
100 000 personnes environ, soit 0,8 % de la population active.
L'imprécision des méthodes et surtout des critères retenus favorise
une disparité totale des chiffres. La recherche des télétravailleurs est
ainsi devenue un sport statistique assez libre donnant lieu à des retours
de chasse plus ou moins giboyeux. Ainsi à la même époque deux socio-
logues "A la recherche du télétravail", titre d'un article qui commençait
par "télétravail enfer ou paradis" ; l'un d'eux reviendra de sa chasse
dans un numéro de Ressources Temps Réel de mars 1989 en ayant re-
censé "deux mille télétravailleurs dans le monde, exerçant leur activité
à domicile" !
Dommage que cette chasse ne les ait pas amenés du côté de la
JC. Penney Company (32) spécialiste de la vente par téléphone aux
Etats-Unis. Huit mille à neuf mille personnes travaillent avec des ter-
minaux à domicile de 20 à 35 heures par semaine lors des périodes
chargées. 50 % des ventes de l'année sont réalisées en 6 semaines. Le
transfert des appels est géré automatiquement par des équipements
situés dans les 14 centres régionaux de vente par téléphone. Chaque
télétravailleur est affecté à l'un de ces centres dans le cas d'un reroutage
normal et à deux en cas de surcharge ou de panne.
Des points de vue rarement impartiaux s'opposent, où les chiffres de-
viennent, non l'instrument de la recherche rationnelle et scientifique,
mais une détestable façon d'obtenir raison ... ou de chercher de la publi-
cité ! Les organismes institutionnels n'échappent pas à ce risque faute
d'avoir approfondi la problématique relative à l'impact des NTIC sur le
travail. Ne parlons pas du Ministère du Travail qui a d'autres chats à
fouetter ni du B.I.T. (Bureau International du Travail) qui n'est pas en
mesure de donner une définition du télétravail. Du coup le terrain est
occupé par quelques rares institutions qui semblent avoir intégré le
télétravail dans leur fonds de commerce plutôt que dans un programme
de recherche - développement.
Attitude que confirme involontairement la chargée de mission de
télétravail* à domicile de France Télécom, Francine Goyer, dans un
article de Télématique Magazine de septembre 1989. Parlant de
l'expérience de télétravail du centre de Télécoms de Lyon-Cetely : "Si
nous parvenons à démontrer que ce mode d'organisation est rentable
pour les entreprises, nous le vendrons à l'extérieur."