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LE TELETRAVAIL - UN FAUX VRAI CONCEPT
période d'expansion, la société peut s'accroître rapidement. Et,
inversement, nous pouvons les réduire avec autant de rapidité. "C'est
arrivé", ajoute-t-elle.
L'histoire de FIL est exemplaire. Il s'agit d'une entreprise de conseil et
de réalisations informatiques bénéficiant grâce aux NTIC d'une
organisation économe en moyens
, flexible dans son fonctionnement
et à proximité de ses clients compte tenu des couvertures régionales en
place. L'outil télématique, plutôt moyen, de coordination à distance
des ressources humaines de FIL, est, ici encore, accessoire. L'origina-
lité de la démarche de FIL, qui a fait de sa formule un avantage concur-
rentiel, est en soi un cas d'école. Mais pourquoi vouloir la citer dans des
expériences relatives au travail à distance !? Il faudrait alors citer
toutes les sociétés qui font le même métier !
Considérer le télétravail comme une fin en soi masque les vrais enjeux
économiques et stratégiques, et le rôle réel tenu par les NTIC dans
l'évolution des organisations. Les querelles de mots, de contenus, de
définitions, les détournements abusifs d'images du télétravail cachent
une réalité concrète toute simple : plutôt que de chercher des unités de
mesure d'intensité d'usage, de lieu ou de distance entre on ne sait trop
quoi et quoi, il convient de s'interroger sur la dépendance de l'homme
au travail puis de celle, économique et stratégique, des activités de
l'entreprise vis-à-vis des télécommunications. En d'autre termes : un
télétravailleur est d'abord celui ou celle qui, s'il était coupé des télé-
communications, serait incapable d'exercer son activité profession-
nelle.
A partir de ce postulat fondamental, débarrassé de toute scolas-
tique, nous pourrons revisiter le télétravail, en faire une "lecture" diffé-
rente. Et considérer d'ores et déjà que les expériences de ces dernières
années n'étaient que les prémices maladroites du travail du futur.
Des pistes dont les signes sont encore difficilement décelables faute
d'instruments de mesure et d'analyse ; car nous n'avons pas encore
adapté notre cadre de références économiques et organisationnelles à
une société de type post-industriel d'où émergera le travailleur du
XXIe siècle.