Sommaire - Informations sur le télétravail - Réseau de télétravailleurs




- 21 -
de l'imagination à la Bell Pacific qui en profite pour faire de l'opération
une vitrine du télétravail - et surtout une bonne opération publicitaire -
en décidant que l'agence ... serait plutôt un télélocal ! Installée en ban-
lieue, équipée comme il se doit des outils de télécommunications ad-
hoc - ordinateur, télécopieur, photocopieur, messagerie vocale, etc. -
l'agence est dotée d'une salle de téléconférence de 10 places, qui est un
instrument de démonstration autant que de travail pour l'agence, ou
plutôt pour le télélocal des télétravailleurs
(22)
!
La D.G.T. (Direction générale des télécommunications), aujourd'hui
France Télécom, lancera en 1978 pour des raisons similaires des expé-
riences de télétravail. Avec l'objectif de s'offrir une vitrine et à terme de
nouvelles formes de consommation dans les télécommunications
(23)
.
Que la Bell Pacific mette le télétravail en avant pour des raisons
d'image ne fait pas de son agence de maintenance un cas exemplaire.
Après tout, son personnel doit bien utiliser les télécommunications
pour travailler. Mais du point de vue de l'orthodoxie de base on ne peut
s'empêcher de se poser une question naïve : alors bon nombre
d'agences, de succursales et de bureaux dans le monde sont des télélo-
caux !?
Citons encore la Continental Illinois Bank de Chicago. Elle a disparu
aujourd'hui, mais elle est souvent citée comme exemple du télétravail.
En 1981, elle installa un télélocal à 20 km de Chicago.
Le milieu bancaire est en pleine transformation ; dématérialisation des
titres et de la monnaie, et croissance rapide des transactions électroni-
ques. La généralisation des terminaux et la sophistication des applica-
tions informatiques notamment commerciales ont amené les banques
à procéder à un vaste mouvement de requalification de leurs person-
nels. Mouvement similaire à celui qui a suivi l'irruption des robots et
machines-outils très sophistiqués dans l'industrie automobile.
Certaines tâches, grandes consommatrices de main-d'oeuvre et à
cycles très variables, sont sous-traitées comme le post-marquage et le
tri des chèques, le traitement des effets, afin de réduire les énormes
frais fixes. Certaines banques gèrent des scénarios intermédiaires en
créant des centres de "traitement à façon" soit pour ne pas être entière-
ment dépendantes des sous-traitants, soit pour des raisons de sécurité,
ou tout prosaïquement pour utiliser des ressources internes dispo-
nibles. Cette formule a l'avantage de créer un volant minimum de per-
sonnel pour des travaux "sous-qualifiés" et fréquemment considérés
par le personnel lui-même comme un dépannage ou un travail intéri-
maire.
La Continental Illinois Bank de Chicago a ainsi constitué en banlieue
LE TELETRAVAIL - UN FAUX VRAI CONCEPT