Sommaire - Informations sur le télétravail - Réseau de télétravailleurs




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LE TELETRAVAIL - UN FAUX VRAI CONCEPT
En juin 1980, M. Barre, alors Premier ministre, demande à G. Braun,
député des Vosges, un rapport évaluant l'impact de la télématique sur
le travail à domicile
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. La portée médiatique donnée aux conclusions
d'un rapport intéressant mais qui ne concerne qu'une très faible partie
des actifs va être catastrophique. Malgré les précautions introductives
du député lors de la remise de ses conclusions en mars 1981 dans sa
lettre d'accompagnement et dans son rapport... "... la notion du travail
à domicile n'est qu'un aspect du travail à distance et doit également
être distinguée du télétravail
..." (page 71) ... la confusion et l'amal-
game s'établissent : un front du refus se crée qui reprendra détournée la
formule télétravail ou travail à distance = travail à domicile. Dès ses
débuts, ce concept d'organisation du travail est mis à mal par un pre-
mier quiproquo. Le mot fait mouche mais il enflamme plus l'imagina-
tion des journalistes et des acteurs sociaux que celle des chefs d'entre-
prises.
En 1985, le rapport de fin d'étude de FAST (organisme d'étude
dépendant de la CCE) sur le travail à distance en milieux urbain et
rural européen
ne permettra pas de dissiper les imprécisions soule-
vées par les nombreuses définitions ou interprétations plus ou moins
restrictives du télétravail. Si pour certains le fait d'exercer sa profes-
sion en utilisant le téléphone de chez soi est une forme de télétravail, ce
n'est plus vrai pour d'autres. Par ailleurs, l'exclusion de certaines pro-
fessions va biaiser l'étude du phénomène et surtout va permettre une
vision réductrice du télétravail. L'intensité même des usages des télé-
communications est en cause : excès que dénonce Sylvie Crépeau de
l'IDATE : "Nul instrument ne permet d'appréhender le télétravail
puisqu'aucun seuil n'est établi"
(19)
.
La confusion sera à son comble quand l'irruption des technologies
modifiera le champ des applications de la délocalisation ... Il n'y a pas
délocalisation du "travailleur" mais du service ! En d'autres termes,
l'employé continue à aller au siège de son entreprise. Et au lieu de se
déplacer chez son client, le service s'établit à distance comme pour les
services de télédépannage ou de télésurveillance. Services qui écono-
misent des déplacements, grand argument du télétravail : l'agent qui va
virtuellement chez son client sans quitter son siège, son agence, est-il
un télétravailleur ?
Ces frontières maladroites ou parfois très arbitraires relatives au
télétravail font que les colloques sont l'occasion de négociations per-
manentes sans que les premières intéressées - c'est-à-dire les entre-
prises - aient beaucoup l'occasion de s'exprimer. A vrai dire, une fois
abandonnée toute idéologie, chacun constatera l'intrication croissante
des NTIC dans le cadre professionnel. Le constat est similaire lorsque